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La qualité totale, une nouvelle dimension de la défense
son application à la conduite des programmes d'armement
Claude, André FACQ

27,44  
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1996
192 pages
format 16 x 23 cm

broché
réf. LST019
I.S.B.N.: 2-87717-057-8

Sommaire      Présentation      Introduction      L'auteur

Présentation
Le présent livre est une adaptation – pour les stricts besoins de l'édition – du mémoire présenté par l'auteur dans le cadre d'un Diplôme d'Études Supérieures Spécialisées de Défense poursuivi en 1989 et 1990 à l'Université Assas-Panthéon de Droit, d'Économie et de Sciences Sociales de Paris 2.
Ont été reportées en fin du présent ouvrage les informations à caractère plus universitaire du mémoire à l'exception de la mention reproduite ci-après :
"En remerciement, je dédie tout naturellement le présent mémoire à l'Ingénieur Général de l'Armement Jean Cavaillès , chargé de la Mission Assurance de la Qualité de la Délégation générale pour l'Armement, pour l'aide inappréciable que m'a apportée son guide 902 : le Manuel des méthodes de conduite de programme, à l'élaboration duquel, sous sa conviviale autorité, j'ai eu l'honneur, très modestement, de participer."

Sommaire
I Évolution de la notion de qualité dans les programmes d'armement
1. Des tables de construction de Gribeauval
        au guide pour la conduite des programmes d'armement
2. Une nouvelle philosophie ; le "Manuel des méthodes de conduite de programme",
        de la mission assurance de la qualité de la délégation générale pour l'armement.
II La qualité totale dans la conduite des programmes et fabrications de matériels d'armement
3. Une doctrine et des méthodes prémisses d'un consensus
4. Une méthodologie du savoir-faire
5. Les outils et les moyens
III La qualité totale, une réponse au dilemme du juste partage des ressources
6. La qualité totale :
        principe fondamental de la doctrine française de dissuasion nucléaire suffisante
7. Les prémisses et la conclusion du vrai dilemme
8. Des suggestions
IV Les extraits bibliographiques
        Annexes
        Hors-textes

L'auteur
Claude, André FACQ, Ingénieur civil de l'Aéronautique, Ingénieur en Construction Aéronautique, titulaire d'un DESS de Défense et d'une Capacité de Droit, est auditeur de certification.

Introduction
La qualité dans la conduite des programmes d'armement : une question d'actualité, mais aussi une préoccupation permanente et structurelle, qui s'inscrit dans la problèmatique géopolitique plus vaste mais fondamentale de la Défense : problématique qui peut s'intituler : "la qualité totale : une nouvelle dimension de la défense".

Ce double titre mérite une explication préliminaire. La sous-fonction "armement" n'assume qu'une partie de la fonction globale de "défense". Une analyse fonctionnelle sommaire de cette sous-fonction montre, d'une part son interdépendance avec la quasi totalité des autres composantes, d'autre part son importance relative, si l'on en juge par la part de moyens qui lui est proportionnellement attribuée. Vouloir suivre une démarche "qualité totale" dans la conduite des programmes d'armement, implique préalablement – compte tenu des contraintes qu'entraîne une telle démarche, et que nous verrons ci-après – que celle-ci soit appliquée à la totalité de la fonction défense, à tout le moins, aux aspects autres que ceux habituellement inclus dans le domaine de l'armement, mais qui ont sur celui-ci des conséquences particulièrement importantes. Toutefois, ce n'est qu'au travers de l'application des méthodes de qualité à la conduite des programmes d'armement que, le cas échéant, seront examinées les implications de telles méthodes sur certains aspects déterminants de la défense. Pour la plupart des pays un tel sujet est une préoccupation structurelle et permanente, mais pour l'Europe dont la France, c'est aussi une question d'actualité et ce à plusieurs titres.

Quel que soit le contenu que l'on donne au concept de "qualité" – qui sera défini plus loin dans son acception la plus orthodoxe – il n'est pas un responsable politique ou militaire qui n'ait proné la qualité des armes et armements dont on doit de se doter pour affirmer sa souveraineté et assurer son indépendance. Et pourtant, pour ne citer qu'un seul exemple douloureux de notre récente histoire, la débâcle de 1940 est plus le résultat d'un manque de qualité d'ensemble de la défense des pays alliés – dont la France – que d'une insuffisance quantitative de la totalité de leurs forces armées, face à un adversaire déterminé et résolu.  Autre exemple, dès l'entrée en vigueur, le 24 août 1949, du traité de l'Atlantique Nord du 4 avril 1949, les puissances signataires mirent en place une organisation intergouvernementale, l'OTAN , dont la fonction première était précisement d'assurer la qualité de leur sécurité et de leur défense communes. Or et en dépit de la création de nombreux organismes de concertation et de coordination, sous l'autorité supérieur du Conseil de l'Atlantique Nord, tels que entre autres :
– le comité d'examen de la défense,
– la conférence des directeurs nationaux de l'armement,
– le groupe OTAN sur la standardisation,
– le comité d'examen des armements conventionnels de l'OTAN,
– le comité de la défense aérienne de l'OTAN,
les résultats obtenus sont loins des espoirs initiaux et jugés, par certains auteurs, "décevants" eu égard aux ressources financières qui y ont été consacrées.
Si, en la matière, la qualité est une préoccupation permanente, l'actualité lui donne aujourd'hui un relief tout particulier, et à un double titre. D'une part, les accords de limitations quantitatives ont et vont avoir une influence sur la conception et donc sur la qualité des systèmes de défense. D'autre part, l'évolution de la menace d'un conflit Est-Ouest, en Centre-Europe, laisse espérer aux peuples de ces pays le partage de ce que l'on appelle les "dividendes de la paix".
En d'autres termes, les responsables politiques vont avoir à réexaminer les priorités budgétaires jusqu'alors admises en matière de défense. C'est déjà le cas du Royaume-Uni où le ministre de la défense, M. Tom King, a annoncé le mercredi 25 juillet 1990, devant les Communes et au nom du gouvernement britannique, des réductions importantes des ressources consacrées à la défense. Environ 10% des crédits budgétaires annuels, de l'ordre de 210 milliards de francs (90), et pendant cinq ans représenteraient ces économies.

En outre, dans le même temps les troupes britanniques en Allemagne passeraient de 53 000 à 20 000 hommes.  À l'exception  – pour le moins paradoxale – de la France, la plupart des partenaires de l'Alliance atlantiques, dont les États-Unis, envisagent, si cela n'est pas déjà fait, une démarche semblable de réduction des dépenses de défense, à tout le moins la stagnation de celles-ci. Aussi est-il demandé, plus que jamais, au-delà de l'efficacité souhaitée, que les ressources allouées aient l'efficience maximale. En un mot : "faire mieux avec ce dont on dispose, voire avec moins !". Si l'on applique au problème posé un des principes généraux du diagnostic qualité, que le qualiticien américain renommé Joseph Juran  a rendu célèbre sous le nom de "principe de Paréto , à savoir :
"vital few and trivial many " – que l'on peut traduire en : "le peu qui compte et le copieux sans importance" – la solution doit se rechercher là où sont gérées les plus importantes masses de ressources allouées. Les équipements militaires représentent à eux seuls plus de la moitié des dépenses en capital de l'État, (environ 60% pour le budget 89).

C'est d'ailleurs la première constatation formulée par les magistrats de la Cour des Comptes dans le rapport annuel 1990 de celle-ci au Président de la République qui traite de "La conduite de la programmation au ministère de la défense" , rapport qui s'inscrit dans la préoccupation de cette haute juridiction,  la réponse du ministre de la défense, le 10 mai 1989 à l'Assemblée Nationale, à une question orale de M. Arthur Paecht, député du Var.

Ainsi, la limitation du présent mémoire aux programmes d'armement, sans totalement exclure, par quelques incidences, des investigations à l'extérieur de ce domaine, ne devrait pas réduire outre mesure, l'intérêt, la portée et la qualité de la démarche. Voyons maintenant dans une première partie quelle a été l'évolution de la notion de qualité dans les programmes d'armement..

 

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