|
| |
Les avions de
transport modernes & futurs
André Peyrat-Armandy
68,60
COMMANDER |
 |
1997
576 pages
format 17 x 24 cm
plus de 300 illustrations
impression intérieure quadrichromie
couverture quadrichromie
relié cartonné
réf. LAV013
I.S.B.N.: 2-87717-043-8
Tout public
|
|
Présentation
Avant-propos
Conclusion
Remerciements
Sommaire
L'auteur |
|
Présentation
Un livre de référence abondamment illustré,
véritable document de culture générale aéronautique, qui éclaire d'une manière
unique l'une des technologies les plus étonnantes et évolutives de notre siècle.
Divisé en quatre grandes sections thématiques :
- Notions d'aérodynamique, de propulsion et de mécanique du vol
- Architecture et comportement des avions de transport
- Progrès aérodynamiques et technologiques
- Perspectives d'avenir,
cet ouvrage permet de comprendre à quoi servent et comment fonctionnent les constituants
d'un avion moderne et aborde les grands choix technologiques qui seront retenus pour les
avions des quinze à vingt prochaines années. |
Sommaire
Préface de Jean Pinet
1
Notions de base : - Aérodynamique, -
Propulsion, - Mécanique du vol
2 Architecture et comportement des avions de transport :
- Avions subsoniques, - Avions supersoniques
3 Progrès aérodynamiques et technologiques : - Profil, - Ailes et
avions "supercritiques",- Ailettes de bout d'aile ou winglets, - Contrôle de la
couche limite, - Le concept de CAG, - Les techniques numériques, - Évolution du
poste de pilotage et de l'avionique, - Matériaux composites, CFAO
4 Perspectives d'avenir : - Généralités, - Évolution des avions de transport subsoniques, - Avions subsoniques
de la fin du 20ème siècle, -Avions de transport de fret, -Formules nouvelles, - Avions
de transport supersoniques du futur, - Projets d'avions hypersoniques
Conclusion
Remerciements
Bibliographie
Liste des avions cités
Index |
|
Avant-propos
Vous qui prenez l'avion pour vos affaires, vos
voyages ou tout simplement levez les yeux vers le ciel, attiré par un trait argenté ou
doré dans le couchant, en rêvant de vous évader vers des terres lointaines, que
savez-vous de cette machine des temps modernes ?
Bien sûr, ses formes générales ne vous sont pas inconnues puisque ce sont des milliers
d'avions qui sillonnent le ciel à travers le monde.
En effet, depuis l'avènement des jets transocéaniques l'aviation commerciale s'est
considérablement développée. Que l'on y songe : en 1960, les deux tiers des
passagers étaient encore transportés sur l'Atlantique Nord par des paquebots qui ne sont
plus guère utilisés aujourd'hui que pour des croisières touristiques.
Les besoins sans cesse croissants d'échanges commerciaux et culturels, au sens le plus
large du terme, de tous les pays du monde conduisent, avec le développement considérable
du tourisme, à une extension régulière du trafic des passagers et du fret.
Ainsi, l'aviation et l'aéronautique connaissent
un essor prodigieux. Aérodynamiciens, informaticiens et ingénieurs de toutes
spécialités, font progresser la recherche et les essais en mettant en uvre les
connaissances et les réalisations les plus avancées. L'électronique et l'informatique
en particulier ont permis et permettront encore des progrès sensibles dans de nombreux
domaines : aérodynamique, commandes de vol, régulation des réacteurs, navigation
aérienne, structure et fabrication de la cellule et des propulseurs ...
Pour la majeure partie d'entre nous cependant,
les notions de base sur le vol des avions et les raisons essentielles de leur architecture
générale demeurent ignorées ou presque. C'est pourquoi, il nous a paru utile de réunir
cet ensemble de connaissances sur les avions de transport modernes et futurs.
Le but poursuivi est de permettre à tous ceux que ce sujet intéresse, qui ne disposent
pas d'une culture aéronautique, mais qui ont acquis des connaissances scientifiques du
niveau de l'enseignement secondaire, de comprendre le comportement des avions de transport
et l'évolution de leur conception.
Ce livre a été rédigé pour rester à la portée du plus grand nombre. Nous nous sommes
donc efforcés de décrire et d'expliquer les phénomènes le plus fidèlement possible,
en limitant au maximum les développements mathématiques.
Il s'appuie sur les progrès aérodynamiques et technologiques des quatre dernières
décennies et s'ouvre largement sur l'avenir : il fait la liaison entre les
résultats scientifiques, théoriques et expérimentaux et leurs applications pratiques
dans la conception des avions, essentiellement des avions de transport civil.
À ce titre, il devrait être utile à tous ceux
qui souhaitent actualiser leurs connaissances et il devrait aussi permettre aux
ingénieurs et techniciens de l'industrie aéronautique de toutes spécialités,
d'approcher aisément celles qui ne relèvent pas de leur compétence directe.
Il doit particulièrement intéresser les étudiants désireux d'acquérir des
connaissances sur la technologie aéronautique, et a fortiori ceux qui envisagent
de choisir un métier dans l'aviation ou se sont déjà orientés dans cette voie.
Ce livre est divisé en
quatre chapitres.
Dans le premier sont présentées quelques notions de base
d'aérodynamique, de propulsion et de mécanique du vol estimées indispensables pour
permettre au lecteur :
d'acquérir, si besoin est, les connaissances nécessaires à
une bonne compréhension des chapitres suivants et de se familiariser avec le vocabulaire
aéronautique,
de tirer le meilleur profit de la lecture de cet ouvrage à caractère didactique
dont l'argumentation s'appuie sur de nombreux exemples concrets (du fait de la grande
interdépendance des phénomènes en aviation, leur explication a nécessité quelques
répétitions).
Le deuxième
décrit l'architecture et le comportement des avions de transport en prenant comme exemple
l'Airbus européen, puis l'avion franco-britannique Concorde, seul avion de transport
supersonique en service commercial depuis janvier 1976.
Le troisième
s'intéresse aux progrès aérodynamiques et technologiques qui conduisent à des avions
de plus en plus économiques et confortables et aussi plus performants et sûrs dans leurs
utilisations, dans le respect sans cesse accru de l'environnement.
Enfin, dans
le
quatrième, quelques perspectives d'avenir (concernant l'aérodynamique, la propulsion,
l'avionique, et les matériaux) sont examinées, et l'évolution de l'aviation de
transport est envisagée, selon que l'on privilégie l'économie d'exploitation, la
vitesse, ou la facilité d'utilisation.
Cet ouvrage a été actualisé
jusqu'à la fin de l'année 1996.
Les divers sujets qui y sont abordés et qui
s'enchaînent les uns aux autres réclament une lecture progressive ; elle est
grandement facilitée par les nombreux dessins et photos qui illustrent, aussi souvent que
nécessaire, notre propos.
Pour mener à bien l'entreprise de rédaction de
ce document, nous avons sollicité le concours des différents milieux
aéronautiques : centres d'essais et bureaux d'études, avionneurs, motoristes,
équipementiers, ainsi que celui de certains utilisateurs.
Ces concours nous ont été largement consentis.
Nous avons pu ainsi enrichir notre texte de nombreux exemples concrets empruntés à des
avions comme les Airbus, les Falcon et Concorde, sans oublier de très nombreux avions
étrangers. La plupart de ces avions peuvent d'ailleurs être visités au Musée de l'Air
et de l'Espace (à l'Aéroport du Bourget).
Il nous semble que l'intérêt suscité par
un tel ouvrage devrait être très vif, car l'avion est bien une des réalisations les
plus remarquables de l'homme. Il s'ouvre sur les technologies avancées et joue lui même
un rôle de "pionnier" dans de nombreux domaines.
André Peyrat-Armandy
|
L'auteur
André PEYRAT-ARMANDY, ancien colonel de
l'Armée de l'Air, fut Directeur technique du Commandement du Transport Aérien Militaire
(COTAM), devenu la Force Aérienne de Projection.
|
|
Conclusion
L'évolution de la science aéronautique
s'accélère en cette fin de 20ème siècle grâce à l'électronique numérique et à
l'informatique.
L'ordinateur est un puissant "outil" à la disposition des concepteurs pour
trouver le meilleur compromis entre plusieurs solutions et s'assurer de leur
compatibilité, puis, par traitement itératif, en tirer un effet synergique maximum. Il
permet de concevoir une architecture et un dessin du projet défini par les
"décideurs", de modéliser la structure et, de plus, de préparer les ordres à
donner aux machines numériques de fabrication, grâce à l'énorme banque de données du
constructeur, dépositaire des connaissances, de l'expérience et du savoir-faire de ses
ingénieurs et techniciens. L'informatique permet ainsi de réduire les délais de
conception, de fabrication et de diminuer le coût de production.
Il est également possible de modéliser les écoulements autour d'un avion et d'en
rechercher la meilleure forme pour optimiser les performances aérodynamiques et
opérationnelles.
Il est cependant indispensable de vérifier et valider d'abord en soufflerie, puis au
cours des essais en vol, les caractéristiques de l'avion réalisé, ce qui permet
d'enrichir en retour la banque de données.
Les ordinateurs (leurs logiciels) "pilotent" aussi maintenant la quasi-totalité
des systèmes de l'avion pour maintenir leur fonctionnement dans des limites précises
déterminées au cours des essais au sol et en vol ; ils contrôlent également leur
bon état de marche (détection et localisation des pannes). En vol, ils assistent ou
suppléent le pilote dont les délais physiologiques de réaction peuvent être parfois
trop longs.
La tendance est de concevoir l'avion de transport futur comme un système automatique
intégré dans un système plus vaste, le Système de Transport Aérien qui prend en
compte la totalité de son environnement pour maximaliser la sécurité des vols,
surveiller son bon état de marche et améliorer ses performances et le confort des
passagers.
Le pilote reste toutefois responsable de la mise
en uvre et de la gestion de cette machine complexe ; il est toujours
indispensable pour faire face à toute situation critique. Ceci impose une collaboration
étroite entre l'homme et les automatismes et une saisie parfaite de toutes les
informations nécessaires au bon déroulement de la mission.
À cette aide de l'informatique à bord pour valoriser le pilotage et la gestion,
s'ajoutent les progrès concernant la conception et la fabrication de matériaux
nouveaux : composites, céramiques, alliages métalliques, matériaux hybrides,
destinés à alléger la structure et à améliorer le rendement du système propulsif.
L'augmentation considérable du trafic passagers
qui a décuplé de 1960 (106 millions de passagers) à 1987
(1 040 millions) résulte essentiellement d'un saut technologique
majeur : l'introduction de la propulsion à réaction, suivie du développement des
réacteurs à double flux, ayant permis une réduction des coûts d'exploitation et des
durées de vol.
La poussée au décollage des réacteurs était, à la fin des années 50, bien
supérieure à celle des moteurs à explosion entraînant des hélices, alors au sommet de
leur développement. Leur poussée reste assez élevée en altitude alors que celle des
moteurs à explosion, même suralimentés, diminue fortement au-delà de
6 0007 000 m.
Le carburant utilisé (kérosène) était très bon marché (le kérosène est moins
raffiné que l'essence à haute performance utilisée sur les moteurs à pistons). En
outre, la maintenance des réacteurs est moins onéreuse que celle des moteurs à pistons
car leur technologie est plus simple. De plus, leur niveau vibratoire plus faible conduit
à un meilleur confort.
La technique des réacteurs à double flux, à partir des premières années 1970, a
amené le règne des long-courriers à grande capacité, comme les DC-10, les Lockheed
Tristar et les Boeing 747 (le B 747-100 B certifié dès 1969 peut
transporter 450 passagers en aménagement dense).
En effet, les réacteurs double flux dont le taux de dilution ne cesse d'augmenter
permettent, à la fois, d'accroître les poussées unitaires, de diminuer les
consommations et de réduire les niveaux sonores (à l'intérieur de la cabine et au
voisinage des aéroports).
Sur le plan historique, rappelons que le
13 janvier 1908 Henri Farman, aux commandes d'un biplan Voisin, exécutait à
Issy-les-Moulineaux, le premier kilomètre en circuit fermé réussi en Europe et quatre
décennies plus tard, le 27 juillet 1949, un avion civil à réaction, l'avion
britannique de Havilland Comet, effectuait son premier vol.
Moins de trois ans après, le 2 mai 1952, un Comet de série ouvrait l'ère des
avions de transport commerciaux à réaction sur la ligne LondresJohannesbourg
nécessitant cinq escales pour les pleins de carburant, avec 36 passagers et une
vitesse de croisière de 800 km/h.
Il fallut attendre le 26 août 1959 pour
qu'un Boeing 707-320, puis en septembre 1959, un DC 8, franchissent, sans
escale, l'Atlantique Nord. Les JETS réduisaient presque de moitié la durée des vols
transatlantiques : huit heures en moyenne dans le sens ParisNew-York au lieu de
quatorze pour les avions les plus rapides à cette époque (530-540 km/h) :
Lockheed Superstarliner et Douglas DC-7 C, tout en étant plus confortables
(absence de vibrations dues aux hélices et vol à plus haute altitude
10 000 mètres contre 6 000 mètres au-dessus
du mauvais temps) ; leur capacité passagers était également augmentée :
180 places en classe économique contre 88 et 110 pour le Superstarliner et le
DC-7 C. Concorde effectue ce trajet depuis 1976 en 3 h 30 environ, soit en
2,3 fois moins de temps.
C'est cet avènement, en 1959, des JETS
traversant l'Atlantique, sans escale, grâce aux réacteurs double flux, qui
constitue LA PREMIÈRE MUTATION de l'aviation de transport commerciale.
La même année, le 6 mai 1959, la Caravelle de Sud Aviation ouvrait la voie au
transport moyen-courrier à grande vitesse (800 km/h) sur la ligne
d'Air France : ParisRomeAthènesIstanbul.
On peut dire que l'ère des avions de transport dotés de moteurs à pistons,
couvre la période qui va de 1919 (ouverture des premières lignes commerciales
internationales sur les trajets ParisLondres et ParisBruxelles, les 8 et 12
février 1919 sur un biplan Farman Goliath), jusqu'en 1959, soit une période de quarante
années.
Bien que "le mur du son" ait
été maîtrisé sur le plan aérodynamique dans les années 50 également, à part
Concorde, les avions commerciaux volent encore à 900 km/h.
La solution pour faire franchir un nouveau bond à l'aviation commerciale, sur le plan de
la vitesse, se situe toujours au niveau de la propulsion. Ce sera, tout d'abord un moteur
résultant d'une mutation fondamentale des réacteurs supersoniques actuels (réacteur à
cycle variable jusqu'à Mach 3), puis, à plus long terme, un moteur nouveau
(plusieurs concepts sont à l'étude) adapté aux grandes vitesses (jusqu'aux Mach
hypersoniques) tout en assurant, de façon économique, les vols aux basses vitesses
(décollages, atterrissages, montées et descentes et survols des terres en régime
subsonique).
LA DEUXIÈME MUTATION des avions de transport
civil amorcée avec les premiers vols du Tupolev 144 et de Concorde (le
31 décembre 1968 et le 2 mars 1969) prendra alors un véritable essor grâce au
réacteur à cycle variable, aux progrès de l'aérodynamique, aux matériaux
nouveaux et aux systèmes automatiques intégrés dans une avionique évoluée, ce dont
l'Airbus A 320 nous fournit déjà un exemple depuis l'année 1988, suivi des
A 330/340 en 1991/92 et par le Boeing 777 (1994).
Après ce court rappel historique de l'évolution
de l'aviation commerciale, la figure ci-après fait la synthèse de la plupart des avions
envisagés à plus ou moins long terme (1995-2020) selon que l'on privilégie :
l'économie d'exploitation (avions subsoniques),
la vitesse (avions supersoniques, puis hypersoniques),
la facilité d'utilisation (avions STOL et convertibles à rotors).
Depuis les années 60 d'importants
résultats ont été obtenus dans ces trois domaines.
Sur le plan de L'ÉCONOMIE, la
consommation spécifique des réacteurs a décru en vingt ans de l'ordre de 30 %. Le
potentiel des moteurs (durée de fonctionnement avant dépose pour entretien en atelier) a
considérablement augmenté ainsi que celui des équipements. Actuellement (1996), la
disponibilité globale des avions est couramment supérieur à 98 % et même sur
cetains avions à 99 %. La fréquence d'arrêt en vol des réacteurs approche 0,01
pour mille heures de vol. Simultanément, leur poussée ne faisant que croître, la
capacité des avions et leur altitude de vol ont pu être augmentées.
Tous ces progrès ont permis de diminuer le coût
d'exploitation qui se répartissait en 1987 sur un Airbus entre 40 % pour
l'amortissement d'achat et l'assurance de l'appareil, environ 24 % pour le
carburant , 21 % pour les frais du personnel navigant et 15 % pour les
frais de maintenance [réf. : 59].
Par ailleurs, l'efficacité énergétique du transport aérien, c'est-à-dire le rendement
de transport, a doublé en 30 ans. La diminution de la consommation des réacteurs et
les progrès réalisés dans l'aérodynamique et la construction des cellules font qu'il
faut, au début des années 90, environ deux fois moins de carburant par passager
pour une étape donnée que sur les JETS des années soixante. Il va être encore possible
d'augmenter ce rendement dans les deux décennies à venir.
Les futurs avions de transport régionaux et d'affaires à long rayon d'action, de
dimensions modérées, auront probablement, à plus ou moins long terme, des ailes et des
empennages à grand allongement, en matériaux composites.
L'écoulement sera naturellement laminaire sur
toute l'envergure de la voilure, jusqu'à plus de 50 % des cordes des profils. Les
premiers seront peut-être propulsés par des propfans (augmentation de la vitesse
grâce aux hélices transsoniques) et les seconds par des réacteurs double flux types Superfan,
Contrafan ou Crisp, si ces nouveaux moteurs tiennent leurs promesses, d'où
une augmentation du rayon d'action du fait d'une consommation spécifique plus faible, et
des gains sur la finesse et la masse de la structure.
De même, des progrès seront réalisés sur les
long-courriers avec des réacteurs à très grand taux de dilution pour augmenter leur
rayon d'action (jusqu'à 15 000 km et plus), améliorer le confort des passagers
(avec parfois des sièges couchettes), et diminuer le coût de la maintenance.
L'accroissement continu du trafic aérien conduira aussi à augmenter la capacité des
avions, jusqu'à 600 passagers et plus au début des années 2000.
Enfin, des avions de transport de fret géants,
par exemple type aile volante à propulsion intégrée, apparaîtront peut-être
également à cette époque pour satisfaire un marché civil (transport de conteneurs
"intermodaux" utilisés sur route, rail et navires) et des besoins urgents
d'interventions humanitaires ou militaires.
Pour ce qui est de la VITESSE, Concorde
fait la preuve, depuis sa mise en service le 21 janvier 1976, et sans incident
majeur, que les vols transatlantiques commerciaux à Mach 2 sont possibles. Mais son
rayon d'action est limité à 6 200 km et sa capacité de passagers à 100, du
fait de son niveau technologique datant des années 60.
Aussi, nous avons vu que pour concurrencer efficacement les long-courriers subsoniques
rapides, les avions supersoniques de transport de la deuxième génération devront être
bien plus économiques, accueillir un plus grand nombre de passagers (250 à 300) et avoir
un rayon d'action d'au moins 10 000 km pour effectuer des vols transpacifiques
(entre Mach 2 et 2,4). Ces avions devront aussi satisfaire aux Règlements
internationaux pour la protection de l'environnement, en ce qui concerne le bruit au
voisinage des aéroports et sur leur parcours supersonique (bang sonique) et la pollution
atmosphérique.
Dès lors que les compagnies aériennes pourront offrir des vols supersoniques à des prix
avantageux (supérieurs si possible, au plus, à 20 % de celui des avions subsoniques
contemporains) aux usagers des lignes Transocéaniques et Transcontinentales, et réduire
de plus de la moitié la durée du trajet des très long-courriers subsoniques, ces
derniers assureront alors principalement le transport d'une clientèle touristique de
masse.
Les clientèles pressées, dites d'affaires, ou concernées par les échanges
scientifiques et culturels, de plus en plus nombreuses, utiliseront cette nouvelle
génération d'avions supersoniques qui devrait se développer au début du
vingt-et-unième siècle du fait de l'apparition de nouveaux centres économiques
notamment dans la zone Asie-Pacifique, de l'internationalisation des grandes entreprises,
et de la plus grande ouverture des hommes aux échanges de leur savoir et de leurs
réalisations. Par ailleurs, il est permis de penser qu'une partie du grand public voudra
profiter du gain de temps de trajet (et de fatigue) que procureront les avions
supersoniques.
Les avions de transport hypersoniques posent de multiples problèmes :
sécurité, propulsion aérobie, carburant, protection thermique, ... Aussi leur mise
en service commerciale n'aura sans doute pas lieu avant un bon quart de siècle.
En ce qui concerne la FACILITÉ D'UTILISATION des
moyens aériens, l'amélioration des liaisons entre les centres des villes à moyenne
distance, non reliés par des transport terrestres rapides comme les trains à grande
vitesse (TGV), commence à faire l'objet de réalisations concrètes. Citons la création
en 1987, à 9 km du centre de Londres, d'un aérodrome (London City Airport) avec une
piste courte utilisable par des avions STOL (comme le quadriturbopropulseur Dash 7 de
de Havilland of Canada).
Le gain de temps sur les liaisons aériennes traditionnelles ParisLondres est de
près d'une heure (cet aéroport est accessible depuis l'année 1992 à des avions comme
l'ATR, le BAe-146 et le Dash 8).
L'avion de transport convertible
à rotors basculants ferait beaucoup mieux puisqu'il pourrait relier directement, à
vitesse élevée (de l'ordre de 600 km/h), des centres urbains aménagés
(héliports, toits de parkings ou de gares, etc.), des centres industriels, commerciaux et
culturels, des aérodromes régionaux à des aérodromes centraux et internationaux ;
de telles configurations sont actuellement développées aux USA (V-22 Osprey de
Bell-Boeing pour les Marines Corps). Bell-Boeing vient de lancer un convertible civil, de
faible capacité passagers (6 à 9), devant entrer en service en 2001 et le vol d'un
démonstrateur européen de cette formule est prévu au début du 21ème siècle (programme EUROFAR).
Les technologies modernes permettent maintenant
d'envisager le développement de convertibles ayant de hautes performances et
d'excellentes qualités de vol.
Cependant l'utilisation d'appareils à décollage/atterrissage vertical (hélicoptères
classiques et convertibles) pour le transport régulier de passagers nécessitera la mise
en place de procédures opérationnelles adaptées et la définition d'un système de
contrôle de la circulation aérienne spécifique pour le vol aux instruments de ces
appareils. Ils pourraient ainsi être utilisés dans de bonnes conditions de sécurité,
d'environnement et de rentabilité économique.
L'amélioration de la gestion de la circulation
aérienne ainsi que celle des capacités aéroportuaires deviennent d'ores et déjà
indispensables pour écouler dans de bonnes conditions le trafic en constante progression
et diminuer les attentes en vol et au sol.
Les progrès dans les domaines de la navigation,
des communications et du contrôle du trafic aérien, grâce à la technologie
satellitaire et aux nouvelles techniques informatiques, devraient permettre de faire face
à ces problèmes. En effet, ils contribueront à l'amélioration de la régularité et de
la sécurité des vols et ils autoriseront une plus grande densité des avions sur les
routes aériennes et une meilleure gestion des avions par les aéroports, notamment en
zone terminale.
Déjà bien avancés, ils vont se développer pour faire face à l'augmentation du trafic
aérien (2 milliards de passagers en l'an 2000).
L'augmentation de la capacité de transport des moyens et long-courriers facilitera
également l'écoulement de ce trafic.
Les progrès permis par les
technologies satellitaires et numérique, et ceux du poste de pilotage et de l'avionique
prise au sens le plus large, concourent dès maintenant (1995) à un véritable saut
technologique du Système de transport aérien qui prendra son essor dès la fin du 20ème siècle. Il sera
maintenu dans ce Système une place privilégiée à l'homme (le pilote), en tenant compte
pleinement de ses capacités intellectuelles et de son expérience, notamment pour faire
face à des situations imprévues.
Il devrait être suivi d'un deuxième bond
technologique, celui-ci sur le plan de la vitesse, avec la mise en service
probable, dans les années 2010-2020, d'une flotte assez importante d'avions de transport
supersoniques de deuxième génération assurant de nombreuses lignes transocéaniques et
transcontinentales.
Ainsi, si l'on se souvient que les premières
lignes commerciales, ParisLondres et ParisBruxelles, sur avion biplan,
ont été ouvertes en février 1919, on mesure l'immense progrès qui sera accompli, en
seulement un siècle, par l'aviation de transport.
Un transport au sol efficace, rapide et à forte capacité reliant les centres des villes
aux aéroports est également nécessaire pour éviter les encombrements et les pertes de
temps.
Dans ce domaine, nous devons signaler les efforts d'AÉroports de Paris pour améliorer
les accès et l'environnement des aéroports de la région parisienne.
C'est ainsi que l'aéroport RoissyCharles-De-Gaulle est relié à Paris par le
réseau express régional (RER), et dès novembre 1994, une gare ferroviaire
d'interconnexion des TGV (Sud-Est, Atlantique, Nord) a été mise en service sur cet
aéroport.
De plus, en 1997, un système de transport automatique continu à propulsion électrique
reliera l'aérogare 1, la gare d'interconnexion TGVRER et l'aérogare 2.
Une seconde ligne reliera ensuite transversalement les terminaux de l'aérogare 2.
Les aérogares Orly-Sud et Orly-Ouest sont reliées à Paris par un métro automatique
dénommé Orlyval qui met ces aérogares à 30 mn de la capitale.
En ce qui concerne
l'environnement, AÉroports de Paris a depuis longtemps pris des mesures pour atténuer les nuisances
et gérer au mieux les risques de pollution. Plan d'exposition au bruit, aide aux
riverains, stations de mesures automatiques pour vérifier la qualité de l'air, de l'eau
et le niveau sonore, intervention rapide des services du laboratoire, telles sont
quelques-unes des mesures pratiques mises en place.
Par ailleurs, les trajectoires d'atterrissage et de décollage sont strictement
réglementées pour éviter le survol des zones les plus habitées.
AÉroport de Paris fait également un effort
permanent d'information auprès de ses riverains à l'aide, principalement, d'un magazine
trimestriel.
Arrêtons là notre approche de l'aviation du
futur.
En effet, s'il est possible de prévoir quels seront les avions de transport à l'horizon
de l'an 2000 puisqu'ils sont dès maintenant en cours d'étude, il serait bien hasardeux
de prédire quelle sera l'évolution de l'aviation commerciale à partir du deuxième
quart du vingt-et-unième siècle, tant sont rapides les progrès technologiques.
Nous espérons que les connaissances acquises à
la lecture de ce livre vous permettront de tirer le meilleur profit des informations et
des ouvrages qui ne manqueront pas de paraître sur ce sujet.
Les carrières de l'aviation concourent au développement des facultés créatrices de
l'homme car les avions sont en perpétuelle évolution avec une utilisation des techniques
les plus avancées. C'est pourquoi leur conception et leur réalisation nécessitent de
solides qualités d'innovation, d'imagination, voire d'intuition qui ont ainsi la
possibilité de s'épanouir.
De plus, un esprit de solidarité particulièrement élevé règne au sein de la
communauté aéronautique, les problèmes qui y sont traités étant interdépendants, ce
qui impose un véritable travail d'équipe à tous les niveaux.
Enfin, l'aviation facilitera les échanges entre les hommes de toute notre planète et
contribuera à la mondialisation et à la révolution déjà bien en cours de l'économie.
Elle constituera aussi le vivier des futurs participants aux activités dans l'espace. On
espère que ces activités déboucheront sur des découvertes majeures suivies d'immenses
progrès pour l'humanité et permettront une bien plus grande connaissance de l'Univers
qui entraînera, peut-être, une véritable révolution culturelle.
Ainsi, serions-nous comblés si ce livre
suscitait ou confortait des vocations parmi les jeunes qui demain participeront à cette
évolution de l'aviation pour réaliser le vieux rêve de l'homme qui, tel Icare, aspire
à
ALLER TOUJOURS PLUS LOIN, PLUS VITE ET PLUS HAUT.
|
Remerciements
Un tel livre à caractère technique qui
embrasse les sujets les plus variés n'aurait pu être réalisé sans le concours de
plusieurs dizaines d'ingénieurs, techniciens et pilotes chevronnés des milieux
aéronautiques, tant civil que militaire.
Je leur dis, à tous, sans les citer car ils sont trop
nombreux, ma profonde gratitude.
C'est ainsi que je remercie la Direction de l'ONERA qui m'a
fourni de nombreuses photographies d'écoulements et celle de la NASA qui m'a communiqué
maints renseignements, dessins et photos, les Directions d'Airbus Industrie,
d'Aerospatiale, de Dassault Aviation, d'Eurocopter France, de la SNECMA, de
Turboméca, d'Hispano-Suiza, de Sextant Avionique, de SAGEM SA, de Thomson-CSF et
SGS-Thomson-Microelectronics, etc., d'Air France et d'Air France Europe
(anciennement Air Inter), d'Eurocontrol et aussi de l'hebdomadaire Air et
Cosmos/Aviation International, sans oublier celles de plusieurs constructeurs étrangers,
notamment Antonov, Boeing, British Aerospace, Daimler-Benz Aerospace (Airbus et
MBB), Douglas, Ilyouchine, Lockheed, Tupolev, etc, ainsi que les motoristes
General Electric, Daimler-Benz Aerospace (MTU), Pratt & Whitney,
Rolls-Royce ; je dois, à toutes ces directions, des informations, dessins et
photographies caractéristiques.
Je dois de plus signaler le concours qui m'a été
particulièrement précieux des différents responsables techniques anciens et actuels des
sociétés et organismes cités ci-dessus, qui se sont assurés que leur spécialité
était traitée de façon fidèle.
Aeroformation, maintenant Airbus Training, m'a aussi aidé
de ses conseils éclairés, spécialement son directeur M. Jean Pinet (Pilote
d'Essais, ancien Président de l'Académie Nationale de l'Air et de l'Espace).
Je dois également mentionner le concours qui m'a été
très utile de Monsieur Philippe Poisson-Quinton (ancien Président de l'Académie
Nationale de l'Air et de l'Espace, Haut Conseiller honoraire de l'Office National
d'Études et de Recherches Aérospatiales, l'ONERA) qui m'a communiqué de nombreuses
planches et a examiné plusieurs passages de cet ouvrage.
Enfin, j'exprime ma reconnaissance à Monsieur
Jean-Claude Wanner (Ingénieur Navigant d'Essais et Ingénieur Général de
l'Armement, membre fondateur de l'Académie Nationale de l'Air et de l'Espace), et à son
épouse, également ingénieur, qui m'ont apporté, durant plusieurs années, leur aide
éminente et m'ont soutenu de leurs encouragements. Sans leur bienveillante collaboration,
ce livre n'aurait certainement pu être mené à bien, du moins dans sa forme
actuelle.
L'éditeur et le dessinateur méritent aussi mes sincères
remerciements pour la mise au point finale de cet ouvrage.
André Peyrat-Armandy |
|